Signification · Prononciation · Histoire · Guide visuel
Qu'est-ce que la chinoiserie ?
Réponse rapide : La chinoiserie est un style décoratif européen et américain qui s'est développé à partir des interprétations occidentales de la Chine et des objets asiatiques importés. Elle a connu un essor particulier aux XVIIe et XVIIIe siècles, s'exprimant notamment dans le mobilier, les papiers peints, la porcelaine, les textiles, les aménagements intérieurs et les jardins.
Prononciation : sheen-WAHZ-reeUne approximation acceptable ; les dictionnaires mentionnent plusieurs prononciations.Écouter les enregistrements du dictionnaire

Définition et signification
Le terme « chinoiserie » désigne une interprétation occidentale
Ce terme est utile lorsqu'il désigne une catégorie de motifs reconnue. Il devient toutefois trompeur lorsqu'il est utilisé comme étiquette vague pour désigner tout ce qui est chinois, d'Asie de l'Est ou de couleur bleue et blanche.
Que signifie le terme « chinoiserie » ?
La chinoiserie n'est pas un style de design traditionnel chinois. Il s'agit d'une tradition décorative européenne et américaine influencée par des objets asiatiques importés, des récits de voyage et des interprétations imaginatives de la Chine. Les designers d'époque mélangeaient souvent des références chinoises, japonaises et d'autres cultures asiatiques, plutôt que de reproduire fidèlement une seule culture.
Ce terme vient du français chinois, c'est-à-dire « chinois ». Le dictionnaire Merriam-Webster fait remonter la première utilisation connue de ce mot en anglais à 1846, mais ce phénomène décoratif est bien plus ancien. La date indiquée dans ce dictionnaire ne doit pas être considérée comme marquant le début de ce style.
Chronologie historique
Comment ce style s'est développé
Sélectionnez une période pour voir ce qui a changé. Les dates ci-dessous décrivent des évolutions avérées ; elles ne visent pas à affirmer qu'un seul événement a donné naissance à ce style partout et en même temps.
Les produits de luxe asiatiques font leur entrée sur les marchés européens
La porcelaine, la soie et les objets laqués importés par le biais des échanges commerciaux ont permis aux mécènes et aux artisans européens de découvrir des matériaux, des textures et des motifs qui leur étaient inconnus. Ces objets ont été collectionnés, exposés et imités. Ces échanges ont créé les conditions propices à l'émergence de la chinoiserie, même s'il serait inexact d'affirmer que ce style, dans sa forme achevée, existait déjà au début du XVIe siècle.
Importations, imitation et imagination se rejoignent
Dès la fin du XVIIe siècle, on trouvait à Londres des papiers peints chinois peints à la main. Des ateliers européens ont également mis au point des imitations peintes et vernies de la laque d’Asie de l’Est, communément appelées « japanning ». Les dessinateurs composaient des scènes à partir d’objets importés, de recueils de motifs et de récits de seconde main, en mêlant souvent différentes sources culturelles.
Source : V&A, papiers peints chinois · V&A, l'influence de la laque
Les recueils de motifs contribuent à populariser le style « chinoiserie »
William Halfpenny a publié en 1750 des plans architecturaux d'inspiration chinoise. L'ouvrage de Thomas Chippendale, paru en 1754, présentait des meubles de style chinois, et William Chambers a publié Architecture des bâtiments chinois en 1757. Ces publications datées témoignent de la manière dont ce goût s'est répandu dans la Grande-Bretagne du milieu du XVIIIe siècle ; elles ne doivent pas être considérées comme le summum universel pour tous les pays.

Exemple d'objet : Giles Grendey, chaise d’appoint, vers 1735-1740, fabriquée en Grande-Bretagne en hêtre laqué et doré, avec assise en osier. The Metropolitan Museum of Art, domaine public. Cette pièce illustre le mobilier européen orné de décorations de type laqué ; il ne s’agit pas d’un meuble de fabrication chinoise.
Consulter la fiche de l'objet
Ce style perdure à travers les remises au goût du jour
La chinoiserie n'a pas disparu après le XVIIIe siècle. Elle a refait surface dans divers contextes historicistes, décoratifs et populaires. Étant donné que les remises au goût du jour ultérieures ont souvent repris des codes visuels antérieurs, la présence d'une pagode, d'un dragon ou d'une surface imitant la laque ne permet pas à elle seule de dater une œuvre.
Une marque historique devient une référence en matière de design
Aujourd’hui, les designers peuvent utiliser des images d’archives, des panneaux botaniques sobres, des finitions semblables à de la laque ou des motifs géométriques ajourés sans pour autant reproduire une pièce historique. Un cahier des charges contemporain rigoureux établit une distinction claire entre la source de référence, la nouvelle interprétation du designer et la technique de fabrication.
En matière de mobilier neuf, l'expression “ d'inspiration chinoise ” est souvent plus claire que de faire référence à un objet historique ou à une tradition chinoise authentique.
Exemplaires répertoriés dans les musées
Quatre objets illustrent comment ce style s'est répandu à travers différents médias et pays
Chaque exemple ci-dessous renvoie à une fiche du catalogue d'un musée et utilise une image classée « domaine public » par le Metropolitan Museum of Art. Les légendes distinguent l'auteur, le lieu, la date et le matériau des mentions stylistiques ajoutées par la suite.




Règle de lecture : Une étiquette de musée fournit des informations sur un objet donné ; elle ne transforme pas pour autant un motif en critère d'authenticité universel. Il convient de prendre en compte à la fois l'auteur, la date, le lieu, le support et la provenance.
Explorateur interactif de motifs
À quoi ressemble la chinoiserie ?
Ces caractéristiques constituent des indices récurrents, et non une liste de contrôle rigide. Choisissez une famille visuelle pour découvrir comment elle se présente généralement et ce qu'il ne faut pas présumer.
Pagodes et pavillons imaginaires
Les toits à plusieurs niveaux, les ponts fantaisistes, les pavillons et les constructions de jardin offraient au public européen un décor “ chinois ” immédiatement reconnaissable. Ces scènes étaient généralement composées selon une vision décorative occidentale plutôt que représentées sous la forme d’études architecturales.
Oiseaux, fleurs et motifs de jardin
Les pivoines, les branches fleuries, les oiseaux exotiques, les insectes et les jardins d'agrément apparaissent fréquemment dans les compositions de style chinoiserie. Certains exemples s'inspirent étroitement des objets chinois destinés à l'exportation ; d'autres réorganisent librement ces éléments pour les adapter à un intérieur européen.
Paysages, personnages et récits imaginaires
Des personnages en robe, des bateaux, des paysages rocheux et des activités de la vie quotidienne constituent souvent des récits décoratifs. Les recherches menées par le V&A montrent que les artisans empruntaient, adaptaient et combinaient des éléments visuels ; ainsi, une scène peut refléter plusieurs sources plutôt qu’un lieu ou une coutume précis.
Dragons et animaux mythiques
Des dragons et d'autres créatures fantastiques pouvaient apparaître aux côtés de nuages, de feuillages et de motifs architecturaux. Leurs formes s'inspiraient souvent d'objets importés et de recueils de motifs européens ; il ne faut donc pas les interpréter d'emblée comme des symboles chinois précis.
Surfaces laquées, laquage japonais et dorure
Les artisans européens ont tenté d'imiter la laque d'Asie de l'Est, très prisée, en utilisant des résines et des vernis disponibles localement ou importés. Ce procédé d'imitation européen est communément appelé « japanning ». Il ne faut pas le considérer comme relevant de la même tradition matérielle que la laque naturelle chinoise ou japonaise.
Motifs géométriques ajourés et mobilier de “ style chinois ”
Les ouvrages britanniques de design du XVIIIe siècle ont contribué à populariser les traverses ajourées, les motifs en treillis et les dossiers de chaises, décrits à l'époque comme étant d'inspiration chinoise. Aujourd'hui, ces formes sont souvent associées au mobilier « Chippendale chinois », qui s'inscrit dans la tradition de la chinoiserie sans pour autant correspondre à l'ensemble des créations de ce courant.
Histoire des motifs et du mobilier : Présentation du V&A; terminologie de la laque : Recherche sur la laque au V&A.
Observation, et non authentification
Quels éléments liés à la chinoiserie pouvez-vous observer ?
Utilisez cette fiche de contrôle éditoriale pour noter ce qui est visible avant de rechercher les étiquettes, les informations du fabricant, les détails de fabrication et la provenance.
Commencez par rassembler des éléments de preuve
Aucune couleur, aucune forme ni aucune finition ne définit à elle seule ce style. Une identification plus précise repose sur la combinaison de la date et du lieu de fabrication de l’objet, de multiples caractéristiques visuelles et d’un contexte de conception documenté.
Pour tout objet ancien ou de valeur, veuillez consulter un conservateur, un restaurateur, un expert ou un spécialiste qualifié. Cette page ne permet pas d'authentifier, de dater ni d'estimer la valeur d'un objet.
Liste de contrôle pour l'observation visuelle
Ne sélectionnez que les caractéristiques que vous pouvez réellement observer. L'outil enregistre les caractéristiques ; il ne détermine ni l'identité ni l'authenticité.
Sélectionnez n'importe quel élément visible pour créer une note d'observation en vue d'une analyse plus approfondie.
Liste de contrôle éditoriale de Lenatees — il ne s'agit ni d'une méthode muséale, ni d'une méthode d'authentification ou d'évaluation. Il n'y a ni note ni seuil. Les caractéristiques sélectionnées ne permettent en aucun cas de prouver l'âge, l'origine, l'auteur, l'authenticité ou la valeur marchande d'un objet.
Comparaison terminologique
Ce qu'est la chinoiserie… et ce qu'elle n'est pas
Ces termes se recoupent dans les catalogues de musées, chez les antiquaires et dans le commerce de détail d'objets modernes, mais ils renvoient à des contextes historiques différents. Utilisez la désignation la plus précise et la plus restreinte possible, étayée par des preuves.
Chinoiserie
Une interprétation occidentale de la Chine et d'autres sources asiatiques, souvent imaginative et adaptée aux formes décoratives européennes ou américaines.
- On les identifie mieux grâce au contexte et à un ensemble de motifs
- Peut apparaître sur les meubles, le papier peint, la céramique et les éléments de décoration intérieure
- Cela ne prouve pas qu'il s'agisse d'un produit fabriqué en Chine
Mobilier chinois traditionnel
Mobilier fabriqué dans le respect des traditions culturelles, régionales et historiques chinoises, se caractérisant par des formes, des matériaux, des fonctions et des méthodes de fabrication qui lui sont propres.
- Ces informations doivent être fournies par période, région, fabricant ou type d'objet, lorsqu'elles sont connues.
- Les meubles en bois massif des dynasties Ming et Qing constituent un domaine important, mais pas l'ensemble de la catégorie.
- À ne pas confondre avec la « chinoiserie »
Chippendale chinois
Un style occidental du XVIIIe siècle en matière de mobilier et d'architecture, caractérisé par des ouvrages de design, des dentelles géométriques et des ornements d'inspiration chinoise.
- En lien avec l'histoire plus générale de la chinoiserie
- Utile pour certaines formes de treillis et de mobilier
- Il ne s'agit pas d'une appellation désignant l'ébénisterie chinoise en général
Pourquoi cette distinction est-elle importante ? : La terminologie a une incidence sur le catalogage, la recherche de sources, la restauration et les nouveaux cahiers des charges. En cas de doute, il est souvent plus prudent d’utiliser des expressions telles que “ d’inspiration chinoiserie ” ou “ style décoratif occidental d’inspiration chinoise ” plutôt que d’émettre une affirmation quant à l’origine.
Médias et décoration d'intérieur
Où trouve-t-on la chinoiserie ?
Ce style ne se limite pas aux armoires ou aux pièces décorées de bleu et de blanc. Son langage visuel s'étendait aux objets, aux surfaces, à l'architecture et aux jardins.
Interprétation contemporaine
D'une référence visuelle à un cahier des charges pour la fabrication d'un meuble
Un projet moderne devrait traduire l'ambiance recherchée en choix de conception précis, plutôt que de demander à un fournisseur de “ lui donner un style chinoiserie ”.”




Cinq décisions rendent la saisine exécutoire
Pour créer une nouvelle pièce, il faut partir de la fonction et des contraintes de l'objet. Le langage historique peut orienter la direction visuelle, mais ce sont les dessins et les échantillons qui doivent dicter la production.
Source de référence : identifier l'objet, l'œuvre d'art ou l'ambiance à interpréter et vérifier que l'on dispose des droits nécessaires pour utiliser une œuvre protégée.
Motif et emplacement : définir le visuel validé, l'échelle, le recadrage, l'orientation et les limites des panneaux.
Forme et support : définir les dimensions, la structure, les portes, les tiroirs et la surface à décorer.
Couleur et brillance : approuver les échantillons de contrôle physiques plutôt que de se fier uniquement aux images à l'écran.
Technique et variantes : Préciser si les écarts sont acceptables et comment l'échantillon devient la norme de production.
Vous envisagez de créer une nouvelle pièce ou une nouvelle collection ?
La fiche commerciale aborde les plans, l'échantillonnage, les contrôles de finition et les questions relatives à la production, sans modifier la signification historique expliquée ici.
Découvrez la conception de meubles sur mesure de style chinoiserieContexte culturel
Décrivez la tradition d'origine en toute honnêteté
La chinoiserie peut être étudiée comme un témoignage du commerce mondial, du collectionnisme et du design interculturel. Elle s'est également développée à partir de connaissances incomplètes et d'un imaginaire parfois stéréotypé. Ces deux aspects de son histoire ont leur importance.
Plutôt que de considérer chaque objet comme un design “ oriental ” générique, identifiez l'auteur, le lieu, la date, le matériau et la tradition d'origine chaque fois que les éléments disponibles le permettent. Faites la distinction entre un objet chinois destiné à l'exportation, une imitation européenne et une réinterprétation contemporaine.
Foire aux questions
Questions fréquentes sur la chinoiserie
Comment prononce-t-on « chinoiserie » ?
Une approximation phonétique en anglais serait “ sheen-WAHZ-ree ”. Le dictionnaire Merriam-Webster répertorie plusieurs prononciations ; il convient donc de considérer cette approximation comme une indication utile plutôt que comme la seule forme correcte.
Que signifie le terme « chinoiserie » ?
La chinoiserie est un style décoratif européen et américain qui s'est développé à partir des interprétations occidentales de la Chine et des objets asiatiques importés. Ce terme provient du français. chinois, c'est-à-dire « chinois ».
La chinoiserie trouve-t-elle son origine en Chine ?
Non. La chinoiserie est un courant décoratif occidental. Elle a été influencée par des objets importés d'Asie et par des représentations de la Chine, mais les œuvres historiques mêlaient souvent des références chinoises, japonaises et d'autres cultures asiatiques.
La décoration de style « chinoiserie » est-elle fabriquée en Chine ?
Pas nécessairement. Un objet historique de style « chinoiserie » peut avoir été fabriqué en Europe ou en Amérique. Les objets chinois destinés à l'exportation ont également influencé ce style ; il convient donc de déterminer l'origine de chaque objet à partir de sa documentation, plutôt qu'en se basant uniquement sur ses motifs.
La chinoiserie est-elle toujours bleue et blanche ?
Non. Si le bleu et le blanc constituent un motif classique associé à la porcelaine, la chinoiserie se décline également en rouge, noir, vert, or, dans des tons pastel et dans des combinaisons multicolores.
La « chinoiserie » correspond-elle au mobilier traditionnel chinois ?
Non. Le terme « chinoiserie » désigne une interprétation occidentale, tandis que le mobilier chinois s'est développé selon des traditions régionales et historiques, des matériaux, des formes, des fonctions et des méthodes de fabrication qui lui sont propres.
Quels sont les exemples les plus courants de mobilier de style chinoiserie ?
On peut citer, par exemple, les armoires vernissées, les chaises aux finitions laquées, les paravents peints, les miroirs, les bibliothèques et les tables ornées de paysages imaginaires, d'oiseaux, de fleurs, de pagodes, de personnages, de dragons ou de motifs géométriques ajourés. La combinaison exacte varie selon les époques et les artisans.
Sources et lectures complémentaires
Les données scientifiques à la base de ce guide
- Thésaurus Getty de l'art et de l'architectureNote de champ concernant la définition historique, le contexte géographique et les techniques décoratives associées à la chinoiserie.Ouvrir la fiche AAT du Getty
- Musée Victoria-et-AlbertAperçu historique portant sur le commerce, les motifs, les publications consacrées au design, le mobilier, l'architecture et le contexte britannique.Lire « La chinoiserie : une introduction »
- V&A : papiers peints chinoisPreuves concernant le papier peint chinois destiné à l'exportation, son utilisation en Europe et les imitations britanniques et françaises qui ont suivi.Consultez l'étude sur les papiers peints
- V&A : L'influence de la laque d'Asie de l'EstContexte technique et historique de la laque d'imitation européenne, de la laquage à la japonaise et de la décoration de meubles.Consultez les recherches sur la laque
- Le Metropolitan Museum of Art : objets en libre accèsFiches du catalogue concernant la chaise et l'étagère britanniques, le secrétaire vénitien et le vase de Meissen présentés ci-dessus. Chaque image et chaque fiche d'objet sont signalées comme appartenant au domaine public.Commencez par la chaise de Giles Grendey
- Dictionnaire Merriam-WebsterVariantes de prononciation, histoire du mot et première occurrence connue de ce mot en anglais, telle qu'elle a été consignée, de chinoiserie.Ouvrir la notice du dictionnaire
Méthode éditoriale : Les affirmations historiques s'appuient sur des sources provenant de musées, de vocabulaires contrôlés ou de dictionnaires. Les images de mobilier contemporain sont présentées comme des références issues de salles d'exposition, et non comme des preuves historiques. Les recommandations techniques modernes reflètent les pratiques de Lenatees en matière de planification de projets et sont distinctes des archives historiques. Ce guide a un caractère pédagogique et ne constitue en aucun cas une expertise, une authentification ou un avis juridique.
